vendredi 8 août 2014

Des traces de pneu sarkozyste dans la moussaka noire





 Sarko veut revenir. On a la mémoire courte, mais pas le polar qui, lui, n’oublie rien. C’est même pour ça qu’on l’aime, le polar. Il nous rappelle, par exemple, qu’on est passé aux yeux de toute l’Europe pour de sacrés salopards xénophobes sous le règne admirable de ce mec qui a instrumentalisé sans vergogne les questions d’ « identité nationale » et adorait trouver des boucs émissaires à la situation économique désastreuse comme n’importe quel leader populiste. En témoigne cette citation trouvée dans Liquidations à la grecque de Petros Markaris (Seuil). Le roman date de 2010 et se passe la même année, au moment où la Troïka renvoie le pays à l’âge de pierre  et où les banques se remboursent sur la bête. C’est un dialogue doux-amer et ironique entre le commissaire Kostas Charitos et sa femme :
« -Mais maintenant les quatre-vingts premières années ne sont pas seulement difficiles. On va les passer à bosser.
-Tu connais une meilleure solution ?
-Oui, diminuer la population de moitié. Nous ne serons plus que cinq millions et demi et nous dépenserons moitié moins. On ferait comme les Français qui chassent les Roms. »